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    January 03

    Une année commencée par le Fitz Roy laisse presager un bon cru

     YAAAHHHOU !
    Il y a à peine deux jours, j'étais de nouveau au sommet de El Chalten, autrement nommé Fitz Roy. C'est la  troisième voie que je parcours sur ce sommet emblématique de Patagonie Argentine. Celle-ci n'est autre que la Franco-Argentine, une classique complète et magnifique. Mais y a-t-il une voie moche sur ce sommet de rêve ?
    Pour cette troisième fois au sommet en moins d'un an (un grand merci à ma petite étoile), il aura fallu un peu plus de patience que la fois précédente avec Christophe Dumarest. Cette fois-ci nous sommes 4, avec Frog, Juju, et Peter, et c'est aussi très agréable de pouvoir partager cette ascension avec eux. Une équipée sauvage, quatre larrons en foire, un créneau météo favorable mais court, ont été quelques un des ingrédients indispensables à notre aventure. 
    Cette fois j'ai rejoint dans ce jeune village patagonien, Frog alias Baptiste Rostaing-Puissant, Juju alias Julien Dusserre et Peter alias Pierre Labre. Je suis arrivé le 18 décembre et la météo ne m'a permis d'appercevoir les montagnes qu'à partir du 30. Entre ces deux jours, les activités ce sont réduites au bloc, asado, bières et autre fiesta!
    Puis un créneau de deux jours s'est profilé pour le réveillon. Il nous a fallu choisir entre le concert du réveillon de Siete Venas, le groupe reggae local, ou un bivouac à la Brecha pour profiter de la journée "sans vent" du 1er janvier 2009. Après un choix rapide étant donné notre penchant naturel pour la verticale, nous sommes partis le 30 décembre pour le Lago de Los Tres, lieu de bivouac où en janvier 2008 avec Christophe, nous avions décidé de ne pas faire notre troisième ascension du Fitz Roy pour cause de vent trop fort. Le lendemain, 31 décembre 2008, nous montons tranquillement au Paso Superior. Nous croisons quelques alpinistes qui viennent de tenter la voie convoitée mais sans succès à cause du vent et de la glace encore trop présente. Plus nous montons plus le vent faibli, et tranquillement nous arrivons à la brecha, vers les 20h. Le vent est faible, le Cerro Torre face à nous est dégagé, la nuit est belle. Sans ce rendre compte du changement d'année nous nous réveillons vers 5h du matin, deux heures plus tard que prévu car le son du réveil était trop faible... La première longueur en 6c, est dure pour notre corps endormi, la fissure est bouchée par la glace et nous profitons d'une corde restée en place pour franchir cette longueur à moitié en artif. La suite est de la belle escalade un peu froide, le thermomètre affiche -5 degrés, avec un peu de nettoyage de la glace au fond de certaine fissures. Puis le temps commence à changer, des nuages envahissent le sommet au-dessus de nous, le vent se lève, et nous commencons à croire qu'il va falloir se battre dans la tempête pour atteindre le sommet. Mais la chance est avec nous, alors que nous gravissons les 150 derniers mètres, le sommet se dégage et je peux apprécier une nouvelle fois le panorama exceptionnel depuis le sommet de "la montagne qui fume", El Chalten. Nous sommes le 1er Janvier 2009, et je ne peux m'empêcher de croire que cela est le présage d'une bonne et heureuse année de montagne !
     
    Alors depuis ce petit village de Patagonie, en plein été austral, je vous souhaite à tous une bonne et heureuse année 2009. Quelle soit à la hauteur de vos attentes et réponde à vos voeux les plus chers !!
     
    AYMERIC
     
     
    November 21

    De San Pedro de Atacama

    Hola!
    Nous voici de retour à la civilisation, après une semaine passée dans la Quebrada de Nacimiento. Situee au dessus du village de Socaire, cette gorge profonde d'une vingtaine de mètres et large d'autant, a été pour nous le lieu idéal pour l'escalade et l'acclimatation. Nous en avons aussi profité pour monter sur un volcan,  le cerro Lejia, à environ 5600m d'altitude. L'air était tellement pur là-haut que nous croyions le volcan toujours proche, mais en fait, il etait à une douzaine de km à vol d'oiseau et 2000m de dénivellé de notre petit nid rocheux. Autant dire qu'on a usé les chaussures! Mais la vue sur le désert depuis cette altitude a quelquechose de vraiment extraordinaire! On a aussi fait quelques photos...en ligne prochainement.
    A tout bientôt
    Aymeric

    October 17

    Le Méridien des Ecrins

    Mercredi 24 septembre,

    Avec Christophe nous montons dormir au refuge du Promontoire. La météo nous annonce une période plutôt stable avec quelques cumulus l'après-midi. Effectivement quelques nuages bourgeonnent et le soir 5 cm de neige se déposent au refuge.

    Jeudi 25,

    Fin de nuit, pas de lune, nous traçons dans la neige poudreuse du versant Nord de la Meije. Les crevasses sont bien ouvertes et nous obligent à un grand détour. Le temps est magnifique et un vent du nord faible refroidi bien l'atmosphère. A la mi-journée nous sommes au sommet après avoir gravi le "Z". Il y a une bonne quantité de neige fraîche en altitude, mais rien à voir avec les mètres rencontrés ce printemps. Nous décidons cependant de descendre par la voie normale et de rejoindre le refuge du Pavé par le col des Chamois. Les cumulus recommencent à se former et le cheminement devient de moins en moins évident. Nous finissons par nous engager dans les rappels de la face Ouest. A 17h, après une pause hydratation et restauration, nous quittons le refuge du Promontoire. Purée de pois totale et grésille nous font douter légèrement de notre choix. Mais carte, altimètre et boussole font des merveilles et dans une ambiance fantasmagorique nous rejoignons le refuge du Pavé. Nico et Julien nous attendent avec force bouteilles et victuailles. Cette longue première journée nous annonce la couleur. Si chaque jour nous réserve la même dose d'effort... la suite nous fait peur...

    Vendredi 26, 

    Nous découvrons l'état de la face Nord de Roche Méane, couverte d'une couche de poudreuse. Hors de question de se lancer dans son escalade. Sur le bord droit une ligne fine de goulotte rejoint le col du Diable. Mais oui ! C’est bien le Couloir du Diable, parfois skiable ! Quelle aubaine, la montée se passe bien, la glace est bonne. Nous rejoignons rapidement le Col du Diable sous la neige qui se met à tomber. Cela devient une habitude. Mais nous aimerions quand même voir un bel anticyclone se mettre en place. Naviguer à la boussole et l'altimètre nous use un peu le moral. Heureusement la journée est courte et nous arrivons assez tôt au refuge Adèle Planchard pour faire une sieste. Il faut aussi affûter crampons et piolet, tache laborieuse qui va vite devenir une habitude. La face Nord de la Roche d'Alvau est visible, bien que nous ne soyons pas complètement en face. Nous devinons que la goulotte de l'Anse Bleue n'est pas formée. Encore une fois un objectif se dérobe pour laisser place à un autre, le couloir Nord de la brèche de la Somme.

    Samedi 27,

    Nous traversons les pentes caillouteuses sous le refuge pour rejoindre le fond du vallon où vient se vider le couloir. Nous remontons d'abord un corridor étroit suivi d'un ressaut un peu plus raide. Puis nous nous retrouvons dans une pente de neige masquant un rocher complètement délité, l'assurage est plus que précaire. Même si la difficulté technique n'est pas extrême, le mot encordé prend ici tout son sens, il est interdit à l'un comme l'autre la moindre erreur. Nous rejoignons la brèche assez tôt, et cette fois le soleil est au rendez-vous. La descente dans les pierriers gelés demande un peu de concentration mais cette journée nous laisse encore le loisir de la récupération. Nous savons que c'est mieux comme ça car face à nous les 1000 mètres du versant Bonnepierre du Dôme des Ecrins sont autant enneigés que le reste. Nous prenons comme objectif la voie Mayer-Dibona en espérant que l'après-midi sera assez chaud pour faire fondre la neige dans la partie sommitale. Sur la moraine nous attendent Jacques et Vincent. L'un est ici pour faire quelques interview en vue d'un film, l'autre nous amène le matériel et la nourriture nécessaire pour un bon bivouac.

    Dimanche 28,

    Midi, nous avons gravi toute la partie glace au dessus d'une magnifique mer de nuages. Nous sommes au pied des difficultés rocheuses, le rocher a séché. Un passage étroit au dessus de la rimaye nous a demandé un peu de concentration mais l'ensemble de la voie est plutôt en bonne condition. Nous grimpons au soleil et sans crampon jusqu'à rejoindre l'arête de neige sous le sommet. Au sommet nous entendons des voix. Des grimpeurs sont en train de remonter le pilier Sud de la pointe Lory. J'apprendrais par la suite qu'il s'agissait de Youri et Alexis en action dans leur projet de faire toutes les voies Fourastier. Après avoir bien profité du sommet, nous commençons la descente sur le versant sud de la brèche Lory. Les pentes sont raides et chargées de neige lourde. Quelques rappels et un peu de désescalade plus tard nous sommes sur le glacier, remerciant les deux grimpeurs montés par ce versant : ils nous ont laissé une belle trace et le cheminement sur le glacier devient évident.

    Lundi 29,

    Réveil sans forcer à 10h du matin, grande grasse matinée au refuge de Temple Ecrins qui nous fait un bien immense. Etirements, boire, manger, affûter les piolets et crampons, écrire un petit mot dans le livre du refuge, ces petites actions deviennent presque un rituel. La journée passe vite et notre décision est prise de faire la face Nord d'Ailefroide par "la voie des plaques de glaces". Nous avons la visite de Mémé qui vient nous amener un petit supplément de nourriture et de matériel. Deux personnes dorment au refuge ce soir, des rencontres rares accentuant cette impression d'être dans un autre monde.

    Mardi 30,

    Après une longue approche, nous arrivons enfin au pied de la voie. Nous choisissons de passer par le couloir pour accéder à la première plaque. Continuellement arrosés de petites coulées de neige froide, les deux premières longueurs annoncent la couleur de la plus dure journée que nous allons avoir. Après avoir creusé un petit tunnel pour nous rétablir dans le couloir; nous remontons la première plaque de glace qui n'est rien d'autre que quelques plaquages de neige et glace disséminés sur d'immenses dalles de rocher. Puis arrivés au pied du bastion rocheux médian, nous nous dirigeons vers un plaquage pointillé de glace "polystyrène" au fond d'un grand dièdre. L'escalade est dure et engagée, les protections difficiles à trouver sont rares. Cinq belles longueurs de mixte plus tard nous sommes au pied de la deuxième plaque de glace. Nous la remontons jusqu'à l'arête faîtière avant de basculer rapidement vers la descente. Il est tard et nous espérons être sur le glacier de la Pilatte avant la nuit. Le passage de la brèche des Frères Chamois se passe bien et à la tombée de la nuit nous nous retrouvons coincés au-dessus du glacier par une moraine trop raide pour être descendue simplement à pieds. Nous installons un petit rappel et rejoignons le glacier. Début des galères, nous espérons rejoindre le passage câblé qui remonte rapidement au refuge de la Pilatte, mais peine perdue nous passerons plusieurs fois devant sans le voir. Finalement nous descendons le glacier jusqu'à sa langue finale avant de réussir à rejoindre le sentier. Ce n'est qu’à 23h30 que nous atteignons le refuge énervés et fatigués. Max et Loïc sont là, ils nous ont amenés la nourriture et passe la nuit avec nous.

    Mercredi 1er Octobre,

    Réveillés tard pour une nouvelle journée de récupération, nous en profitons pour accomplir le rituel habituel. Nous effectuons encore quelques interviews pour le film puis Max et Loïc nous laissent à nos montagnes.

    Jeudi 2,

    Nous traçons une tranchée raide sur le glacier qui nous mène au couloir Nord des Bans. On a l'impression qu'un micro climat a déversé ici beaucoup plus de neige. Heureusement le couloir est en excellente glace et les arêtes des Bans bien qu'un peu au vent sont très agréables à grimper. La descente compliquée de cette montagne se déroule sans problème et nous rejoignons le refuge vers 15h. Surprise ! il n’y a pas de sac de nourriture... Pensant être un peu trop tôt nous attendons patiemment. A 21h nous allons nous coucher le ventre creux, le refuge est pris d'assaut par les giboulées de neige. Ni le téléphone satellite ni le portable ne passent, sans nouvelles et affamés nous nous couchons avec un horrible sentiment d'abandon.

    Vendredi 3,

    Toujours personne à l'horizon, nous décidons de descendre au premier village qui n'est autre que Vallouise. Trois heures et demi plus tard nous expédions une énorme tourte au pomme de terre pour huit personnes. Après plusieurs coups de téléphone et mises au point, notre sac de nourriture arrive via un taxi qui nous remonte au parking du départ du sentier. Nous avons autant de mal à digérer la nourriture littéralement bâfrée que le fait que personne n'ait monté le sac au refuge. Tempérés par les affres du mauvais temps nous nous rendons bien compte que s'il y avait un jour où l'organisation pouvait foirer c'était bien celui là. Et puis nous sommes tellement dans notre projet que nous n'avons absolument pas conscience des difficultés rencontrées pour organiser le suivi.

    Samedi 4,

    Au lever il y a encore quelques giboulées mais le temps s'améliore. L'objectif du couloir de la face Nord Ouest du pic de Bonvoisin n'est qu'un vague souvenir et nous filons vers un glacier bien raide qui nous mène à la brèche des Bruyères. Sans topo ni carte de cette partie du massif, nous ne découvrirons que plus tard le commentaire laconique de Labande sur ce passage : « cet itinéraire n'a jamais été repris jusqu'à la brèche. Il semble que la partie supérieure du glacier reste très problématique aujourd'hui. L'itinéraire qui suit est donc donné à titre documentaire. » La descente sur le refuge de Chabournéou est dans la même veine, mais cette fois les schistes pourris remplacent le glacier. Arrivés tôt au refuge nous profitons d'une petite sieste. Nico arrive avec la nourriture et nous repartons pour le refuge de Vallonpierre. Ce soir-là le refuge est plein, certain choisissent même de descendre dans la vallée tellement la place vient à manquer.

    Dimanche 5,

    Douzième jour du périple, nous ne rêvons que d'une chose : finir et pouvoir se reposer. Nous choisissons de grimper l'arête Nord du Sirac. Et comme la voie est uniquement rocheuse, les sacs restent lourds pendant toute l'ascension. L'escalade est quand même agréable et à 11h nous sommes au sommet, le dernier du Méridien des Ecrins. A l’horizon s'étire la longue barre rocheuse de Céüze, le décor est complètement différent, c'est le Sud.  Mais nous ne laissons pas éclater notre joie, il faut encore descendre et rejoindre le rendez-vous final du Pré de la Chaumette. Accueillis par nos proches dans la vallée du Champoléon, nous finissons tous ensemble cette dernière heure de marche.  Enfin cette traversée est accomplie. Tous les souvenirs affluent et s'emmêlent, toutes ces années passées dans ce massif sauvage, cette cordée faite d'amitié et de passion, toutes les autres amitiés partagées au fil de ces nombreux sommets. Ce voyage n'est en fait qu'un retour aux sources, aux sources du bien être, du bonheur et de l'amitié.

    Aymeric Clouet



    April 28

    Méridien des Ecrins

    Bonjour,

    Bien déçu de vous donner déjà des nouvelles du "Méridiens des Ecrins".

    En effet, après trois jours de zig-zag itinérants dans des quantités astronomiques de neige, nous venons avec Christophe de renoncer temporairement à notre enchaînement "Le Méridiens des Ecrins". Les conditions actuelles d'enneigements sont exceptionnelles pour la saison dans le massif des Ecrins.

    L'obligation de se déplacer à ski entre chaque face, ne nous permet pas d'envisager pour l'instant le challenge. Ces quelques jours passés auront quand même eu le mérite de nous éclairer sur l'ampleur du projet et la nécessité de conditions optimales à tout égard.

    Merci à tous de votre soutient, à bientôt

    Aymeric 

    January 26

    "Chercheurs d'absolu", nouvelle voie au Fitz Roy

    La chance a tournee !
    Depuis notre "Enchainement Royal" dans le massif du Mont-Blanc avec Christophe Dumarest, nous avions connu une suite de deboires du en grande partie a une mauvaise meteo, au Mooses Tooth
    en Alaska, au Menlungtse au Tibet, ou encore dans les Ecrins ce printemps ou nous ne sommes meme pas partis. Il a fallu donc que nous venions dans un des endroits les plus instable meteorologiquement pour enfin avoir la possibilite "d'exprimer notre art".

    Apres quelques jours passes sur les bigwalls de Cochamo au Chili, nous sommes arrives le 14 janvier a El Chalten. Petit village en plein essort, entierement tourne vers le tourisme de montagne, nous sommes au pied du massif du Fitz Roy. Le lendemain nous etions deja parti pour le camp de base de la face ouest du Fitz Roy. Pas le temps de s'impregner du cadre, de l'ambiance locale, un creneau meteo nous attendait sans delai. Le temps de faire nos sacs, de comprendre un peu l'itineraire de l'approche, nous n'avons pu rejoindre le camp de base la meme journee. Le 16 janvier nous arrivions au pied de "la Super Canaleta", une voie de mixte de 1700m de denivelle. Le 17,
    avec de bonnes conditions de gel, vers 4h du matin nous partions avec Christophe pour une grosse journee. La premiere partie de la voie etait un grand couloir de neige et glace en excellente condition, suivi d'une seconde partie de mixte rocher et glace dont la fin suivait un cheminement au milieu d'enorme placages de givre, et pour finir nous avons rejoint l'arete sommitale en mixte facile. C'est la deuxieme partie qui nous a pose le plus de probleme car le givre n'a pas de consistance, l'evolution y est precaire et laborieuse, de plus le temps n'etait pas au plus beau, le brouillard nous empechant de trouver facilement notre itineraire, resultat nous avons atteint le sommet a 19 h, 15 heure apres notre lever. Moment magique, ou les yeux se sont embues de bonheur, jamais nous n'aurions ose penser etre, seulement trois jours apres notre arrivee, sur ce sommet de reve qu'est le Fitz Roy. La descente en rappel dans la meme voie s'est finie a la nuit, nous avons rejoint notre camp de base quelques 20h plus tard, fatigues, mais les pupilles remplies d'eclats de bonheur.

    Pourtant l'histoire ne faisait que commencer, de retour a El Chalten nous apprenions que le temps restait stable et chose incroyable pour la Patagonie, la meteo annoncait un creneau de 4 ou 5 jours de beau temps...Nous avons quand meme decide de prendre le temps de nous reposer un peu, deux jours ou les steak de biffe de Chorizo s'enchainaient avec les pizzas et les glaces artisanales.

    Le 21 janvier nous sommes repartis pour le grand projet qui nous avait attire dans cette region. L'ouverture du pilier ouest bordant la gauche du super canaleta, un projet deja tente deux fois par nos amis Pierrick Keller, Jerome Huet et Nico Fabri, et Veronique Barbier. D'apres eux il etait possible de gravir en libre les 400m verticaux de ce magnifique pilier et de poursuivre l'arete jusqu'au sommet. Challenge fixe, beau temps en vue et bonne forme, tout etait reuni pour le succes. Le 22 janvier nous avons gravis le fameux pilier en passant au plus directe, suivant une ligne de fissure evidente, les difficultes en escalade libre s'approchant du 7b/7c. Au depart nous avons trouve quelques traces anciennes de nos amis, puis la suite nous a laisse penser que nous n'avons pas suivi le meme cheminement qu'eux car nous n'avons plus rien trouve. Le soir vers 22h nous avons rejoint un bivouac sur la gauche de l'arete, une vielle cartouche de gaz usage nous indiquait que nous venions peut-etre de rejoindre la voie Afanasieff, ce que nous confirmera, a El Chalten, Rolando Garibotti, grand connaisseur du massif. Le lendemain nous avons continue notre cheminement autour des piliers de l'aretes suivant les lignes de faiblesses evidentes. A 23h nous avons atteint le sommet, fatigues, et quelques peu incredules : une deuxieme fois au sommet alors que certains passent pres de 2 mois ici sans pouvoir avoir l'occasion de tenter quelquechose? quelle chance insolente! mais nous n'etions pas encore au bout de nos peines, il fallait encore descendre de ce promontoire apres avoir bivouaque au sommet sans un soufle de vent. Nous avons choisi de redscendre par le meme couloir que la semaine precedente. Mauvaise idee que je me suis applique a defendre, juste pour eviter d'avoir a revenir chercher le materiel laisse au pied. Mauvaise idee car la temperature des derniers jours avait considerablement augmente et le couloir n'etait plus qu'un champ de pierres, parfois en mouvement... Au beau milieu du couloir nous avons eu la mauvaise surprise de trouver le corps d'un alpiniste belge, decede dans des conditions pas tres claires, signe au combien morbide, poussant la tension a son extreme. un peu plus bas nous avons essuye une chute de pierre, protege sous nos sac a dos, nous n'en menions pas large. Mais nous avons fini par rejoindre le "plancher des vaches", sain et sauf.
    Cette derniere descente assombrissant un peu la beaute de notre ascension, nous gardons quand meme un souvenir fantastique de ces journees patagoniennes. Aujourd'hui a El Chalten, il fait toujours beau mais sur les montagne le mauvais temps a pris le dessus. Pourtant la meteo annonce encore du beau temps... Nous allons bientot demande grace, pour un long creneau de mauvais temps, histoire de se reposer...
    Le 26 janvier 2008, a El Chalten
    Aymeric Clouet




    December 27

    Le voyage continue

    Aujourd'hui 27 decembre 2007, j'ecris de puis un centre internet de Puerto Varas, dans la region de l'Araucanie au Chili. Je suis avec Christophe Dumarest et nous avons pour objectif d'aller decouvrir la vallee de Cochamo. D'apres nos renseignements nous sommes sur la piste dun spot de bigwall digne du Yosemite aux USA. Nous venons de passer la journee a faire des achats de nourriture et de materiel. Demain nous partons pour aller installer notre camp de base dans la vallee pres du rio la Junta. 140 kg de matos et de bouff, pour un siege de 10 a 15 jours. Il ya au moins 5 face de plus de 1000m de haut qui nous attendent et nos doigts commencent a serieusement nous demanger. Le temps est magnifique, j'espere quíl le restera, malheureusement la reputation du coin est plutot pluvieuse!!
    Comme nous serons dans un coin encore preserver et sauvage, les noucvelles se feront qu'a notre retour a la civilisation, entre le 7 et le 12 janvier.
    Passez tous une bonne fin d'annee.
    December 03

    L'arete Est du Ganesh 5, ascension du Gorillaz Peak 6741m

    15 novembre 2007, ouverture de l’arete Est du Ganesh 5

    et premiere ascension du Gorillaz Peak (6741m) au Nepal.

     

    Visible de Kathmandu en regardant au nord, Le numero 5 du massif est situe a l’extreme Est de la region des Ganesh et marque la frontiere Tibetaine. Atteint pour la premiere fois en 1980, par une lourde equipe Japonaise, puis par une equipe Slovene dont faisait partie Thomaz Humar, le Ganesh 5 ne comportait qu’une voie sur l’arete sud et une autre en versant Nord (tibetain). Il vient  ainsi de recevoir sa premiere voie et premiere ascension francaise.

    Le 15 novembre 2007, vers16h Aymeric Clouet, Frederic Degoulet, Julien Dusserre et Mathieu Maynadier se tenaient a 6741 m sur la troisieme pointe du sommet du Ganesh 5 (6770m) apres avoir ouvert l’arete Est . Vierge et sans nom cette aiguille a ete baptisee Gorillaz Peak par les quatre comperes en raison du visage de gorille caracteristique qui marque l’Est de l’aiguille. L’itineraire d’un denivelle de 2700m au-dessus du camp de base est long de 6,5 km a vol d’oiseau. Difficultes rencontrees : 3 ou 4 km de corniches, pentes de neige a 75 degre, escalade libre en 6a, escalade mixte en M5, longueur de l’itineraire.

     

    Recit d’Aymeric Clouet :

    « Apres un trekking d’acclimatation de 15 jours sur les sentiers des Gosainkund Lake (les lacs sacres de Shiva), nous retrouvons dans le village de Tatopani notre equipe composee d’une dizaine de porteurs et de leur cuisiniers. Quelques maisons et lodges regroupees autour d’une source d’eau chaude forment ce lieu de pelerinage thermal. C’est aussi le dernier village que nous verrons pendant les 23 jours que nous passerons au camp de base (BC) ou en montagne. Ensuite l’acclimatation se fait sereinement ou du moins aussi sereinement que possible car il nous faut gerer quelques desagrement intestinaux dus au changement de regime alimentaire ou au “goinfrerie” de Dal Bhat, le plat traditionnel nepalais. Sur un rythme de trois jours en altitude, trois jours de repos, le camp de base avance est equipe sur l’arete a l’abris d’une petite falaise a 5500m. Puis au premier bivouac a 6200m, nous laissons un depot constitue des tentes d’ascensions, de nourritures et de materiel technique. Enfin un dernier repos au BC et nous « prennons le large » pour tenter le sommet. L’expression est adequate, depuis presque trois semaines le barometre est bloque sur le grand beau, et une merveilleuse mer de nuage nous accompagne dans notre ascension. Sur notre arete Est nous avons l’impression de voguer sur un ocean cotonneux. Pourtant au cours de l’ascension le temps commence a changer, la mer de nuage se transforme en cumulus humide laissant tomber les flocons l’apres-midi. Ces changements de temps nous obligent a nous adapter, l’escalade devient mixte sous de petite coulees de neige et parfois nous sommes obliges de nous arreter quelques heures pour attendre l’eclaircie qui nous permettra de nous orienter. Le soir du quatrieme jour la meteo nous annonce des vents a 100km/h pour le lendemain soir. La temperature pourtant deja tres basse chaque nuit (-20/-25 degres) risque de devenir intenable. Comprenant que nous n’aurons pas droit a un deuxieme essai, nous jetons alors notre devolu sur la troisieme pointe sommitale, la plus rocheuse et la plus belle a notre gout. Le cinquieme jour, nous relayant en tete de cordee nous franchissons le bastion sommital du Gorillaz Peak, 250 m de mixte et de granite en 6a, pour se trouver sur la troisieme aiguille du ganesh 5 a 6741m. Le vent annonce nous laisse encore le repit necessaire a la descente abrupte ou nous coincons definitivement les trois-quart d’un rappel. Le bonheur et la joie immense laisses par la reussite du sommet nous font oublier un peu le froid du bivouac suivant et la peur de nous faire arracher par le vent. Ce n’est  que le sixieme soir tard dans la soiree que nous atteignons le BC, accueillis chalereusement par Kamal et Rai, nos cuisiniers, heureux de feter avec nous la reussite du sommet. »  Merci a LAFUMA, GORE TEX, PETZL, BEAL et LA SPORTIVA.

    November 22

    Expe au Ganesh 5

    Salut a tous!
    Apres 40 jours d'aventure je ne sais pas trop par ou commencer...?
    Je pourrais commencer par ce moment exceptionnel, la petite demi-heure passee au sommet a 6741m, sans vent, au soleil de fin d'apres midi, le 15 novembre 2007. Cela faisait 5 jours que nous montions inexorablement vers ce sommet tant convoite du Ganesh 5. Pourtant arrive au pied, nous avons prefere gravir une de ces pointes orientales dont les 300m de rocher sommital nous a literalement aimante. La Pointe du Gorille etait vierge, elle ne l'est plus, haute de 6741m (mesure GPS), elle ne fait finalement que 30m de moins que la plus haute de ses soeurs d'apres les sources japonaises et slovenes de Miss Hawley. Du 6a/6b a cette altitude, a main nu, sans onglee, alors que la nuit le thermometre affichait implacablement des temperatures inferieures a -20 degre, relevait tout simplement de l imaginaire pour chacun de nous!
    Je pourrais aussi citer quelques chiffres, 73km a vol d'oiseau entre Katmandou et le sommet que nous avons parcouru presque entierement a pied a l'aller, 20 jours entre notre arrivee au camp de base et le sommet, 6,5km  d'arete entre le CB et le sommet avec des corniches tout le long ou des bastions rocheux, 2700m de denivelle positif depuis le camp de base dont la moitie vraiment technique, et 30 jours de grand beau temps sur 40, une chance inoui que les autres qualifie de "classe Haut-Alpine" (devinez pourquoi), moi je dis pour etre poli que nous avons eu surtout "le cul borde de nouille"!
    Reste juste cette sensation indefinissable que l'on eprouve quand tout ce passe bien, la reussite est la et on a conscience que tout c est tenu a un fil, qu'un petit grain de sable pouvait tout bloquer mais il ne s'est pas insinue. On en a profite un maximum, on a tout donne pour ca, certain moments n'etaient pas faciles, mais le partage, la cohesion de l'equipe et notre determination ont souffle bien loin le grain de sable.
    Aujourd'hui je regarde en arriere depuis ce sommet et j ai l'impression de voir au loin, tres loin, mon operation de l'epaule et mon diplome de guide qui pourtant ne date que de quelques mois...
    Bises a tous
    Aymeric
    October 10

    Kathmandu...pas trop longtemps

    Salut,

    voila, apres trois jours de tracasseries administratives nous allons partir demain. Juju, Meme et Deg sont arrive hier a Kathmandu. Aujourd'hui j'ai recupere le dernier sac du fret que nous avions envoye. Grace  a l'aide de Schiam, un Nepalais au bras long. Avant hier pour avoir les premier sacs j'avais passe plus de 5 h dans le hall du fret et paye plus de trente euros, aujourd'hui avec son aide precieuse une heure montre en main et 1,5 euros. Nous avons aussi recuperer le permis d'ascension du Ganesh V, et fait connaissance avec l'officier de liaison qui va nous accompagner jusqu'au camp de base, les sacs sont quasiment finis . On brule de partir, la ville de Kathmandu est vraiment trop pesante et polluee. Il y a constamment un nuage de poussiere et de pollution, les embouteillages accentue encore plus l'oppression.Bref il devient urgent de partir en montagne.

    Nous partons donc pour le trek des Gosainkund lake, environ douze jours avant de rejoindre notre equipe de porteur a Tatopani et monter au quand de base en deux jours. Ce trek nous permettra de nous acclimater jusqu'a 4 ou 5000m.

     Ci-dessus quelques photos a Kathmandu.

    October 08

    ARRIVEE A KATHMANDU

    Je suis arrive a ktm hier dans l' apres-midi, avec du retard sur l' horaire prevu, mais cela aurait pu etre pire... Mon vol, loin d'etre direct avait bien commence, Lyon, Amsterdam, Bangkok, ou il a fallu que je sorte de la zone international pour recuperer mes bagages avant de continuer on voyage par Chittagong et Dhaka au Bangladeshet finir a Kathmandu. J'avais 11 heures d'attente avant mon vol pour Chittagong et bien entendu il n'etait pas encore affiche sur le panneau. Quelques heures plus tard le voici affiche sur le panneau des depart, et stuppeur!... une petite mention clignote au bout de la ligne: Cancelled. Bon je vous passe les details de negociation et d'attente, mais il se trouve que finalement j'ai presque gagne au change, heberge dans un bel hotel aux frais de la compagnie, j'ai pu prendre un vol direct Bangkok Ktm en remplacement.
    Bien fatigue, mais heureux d'etre arrive j'ai pu me reposer un peu. Il fallait bien ca car aujourd'hui je me suis fait le parcours du combattant pour recuperer le matos envoye en fret. Enfin une partie du matos... la mission, n'est pas encore termine car il manque un sac 40 kg avec notamment les chaussures de Julien, le sac de couchage de Mathieu, les tentes, etc... Apparemment le sac n'est pas perdu, il n'a juste pas suivi les autres, le vilain! Dans deux jours je devrais me remettre la meme galere au fret et a la douane. Vive le Nepal!
    September 29

    Grimpe en Sardaigne

    Les Vacances!!
    Et voilà, 12 jours de grimpe passés à grande vitesse, du côté de Cala Gonone sur la côte Est de la Sardaigne. Après une première semaine à trouver nos repères et un peu de repos suite à notre saison de boulot, Pauline et moi avons commencé à découvrir quelques joyaux de la grimpe. Pour commencer, je n'ai pas pu résister à l'attraction de la grotte de Millenium, et nous sommes donc aller trainer nos bras et nos genous dans la fameuse grotte aux milles colos (au bas mot!), dont les voies de 50 m n'ont d'égale que leur inclinaison déversante à 50°, non là j'exagère!
    Puis il a bien fallu aller vérifier de nos propres yeux la paroi de Gola di Gorropu, 200 ou 300 m de dévers jaune orangé dégoulinant de calcite, oùserpentent des voies comme "Hotel Supramonte" ou "El Viajo de los Locos". Pour cela rien de mieux que de gravir "Festen" une voie de 500m sur le bord gauche du dévers. Malheureusement au premier tiers de la voie, un méchant orage pas beau du tout et plein de grêle est venu faire le trouble-fête. Deux heures durant, il nous a fallu attendre une acalmie, avant de pouvoir descendre en rappel récupérer nos affaires trempées : BUT!!
    La suite est devenue plus sympa avec quelques bartasses dans le maquis pour aller au pied du Bruncu Nieddu faire "Stella di Sangue", 270m, 7b max, 6B/C oblig. et à la Parete del Doneneitu faire "Hard Long and Free" 250m, 7b max 6c+ oblig. Ces deux voies sont mageurissimes! beau dévers pour les longueurs les plus dures, et le tout restant soutenu sur un rocher magnifique. Enfin des croix! le clouclou commençait quand même à se demander si une quelconque croix allait se profiler un jour?!!
    Puis nous avons découvert un site de couennes tout neuf, Serra Oseli, dont vous pourrez trouver le topo dans le diaporama. Situé dans un endroit sauvage et préservé du tourisme, le cadre est calme, chèvres, vaches, et cochons en semi-liberté nous ont regardés curieusement passer alors que nous roulions lentement sur le chemin "carrossable". Dailleur, cette curiosité a dû se transformer en méfiance après le hurlement de damné que j'ai laché en tombant au dernier mouvement de "Asia", un 8a que je tentait à vue. Tellemnent pété de mon combat, je n'ai pu faire la croix que le lendemain, mais bien content de ce retour de forme qui me parait de bon augure. Cela faisait 5 jours que je grimpais non stop le temps était venu de rentrer à la maison.
     
    August 27

    1ère Etape: les billets

    Ca y est j'ai acheté mes billets d'avions pour le Népal et la Thaïlande. Les billets pour Kathmandu étant plus que rares et plus que chers, à l'aller, je suis obligé de passer par Amsterdam, Bangkok, Chittagong, Dakha (Bangladesh), soit un voyage qui va durer pas loin de trois jours.... argl !!! départ le 5 octobre pour arriver le 7. Avec toutes ces destinations qui s'enchainent, il faut que je m'organise un minimum.
    Pour ce détendre un peu, avec Pauline nous allons passer deux semaines en Sardaigne. J'espère que la réalité de l'escalade là-bas est à la hauteur de la réputation.
     
    August 22

    Inauguration du Blog clouclouclimb

    Puisque me voilà parti, ou reparti, par monts et par vaux sur notre petite planète bleue, le plus simple pour donner des nouvelles me semble être le blog. Quelques mots, quelques photos pour partager un peu de la chance de pouvoir partir au 4 coins du monde ! ...Alors voilà clouclouclimb...
    Aujourd'hui, je suis à la recherche de la meilleure façon de voyager pour lier les trois prochaines destinations où je voudrais grimper : le Népal avec un projet d'ouverture sur le Ganesh 5 (6920m), la Thaïlande pour arquer dans les devers au-dessus de l'océan, le Laos pour repérer un futur Roc Trip, et enfin le Chili et l'Argentine parce qu'il y a tellement de caillou là-bas que ça m'attire comme un aimant. Bien entendu je ne serais pas tout seul, au Népal je me greffe à l'expé de Mémé, Juju et Deg, la Thaïlande sera en compagnie de Pauline et on ira dire bonjour à Christelle au Laos qui ne sait plus ce qu'est le froid, et sans oublier Christophe et Frog que je rejoindrais sûrement à Buenos Aires. Et j'espère plein d'autres gens que je croiserais ici ou là !!!
     
    En attendant, j'ai réussi mon diplôme de guide, bien content alors voici quelques belles images de tous ces stages qui coûtent cher mais, heureusement..., il a fait beau !